Monday, October 24, 2011

« Personne ne se souvient de nous » Haïti en l’après-séisme, rapport de HRW

 On a du bien  à   partager le résumé du   rapport " Personne ne se souvient de nous" présenté par Human Rights Watch a la fin mois aout. En prêtant attention a  la situation du droit des femmes et des filles à la santé et à la sécurité,  le document contribue aussi (et surtout)  a une analyse  approfondie sur la situation sociale et politique  en Haïti  au delà des enjeux humanitaires, mettant en question le rôle et responsabilités des acteurs (étatiques ou pas) présents a Port-au-Prince.  On a ajouté des hyperliens/ photos/graphes et matériel d'appui.  
English version  of the report
 

Nous vivons dans ce camp, dans la saleté … et personne ne se souvient de nous.
—Charlise, camp de Delmas 33, Haïti, novembre 2010
Nul n’ignore les conditions extrêmement éprouvantes auxquelles sont confrontés les habitants d’Haïti depuis le séisme : bon nombre de ceux qui vivent aujourd’hui dans des camps informels de déplacés apparus après la catastrophe du 12 janvier 2010 vont se coucher le ventre vide, habitent sous des tentes qui sont déchirées par le vent et prennent l’eau, connaissent le même taux élevé de chômage que les autres Haïtiens, et ne peuvent accéder à l’eau potable et à des installations sanitaires adéquates. 
Beaucoup risquent d’être expulsés par des acteurs tant publics que privés, et les enfants, malades en raison des mauvaises conditions de vie et souvent non scolarisés vivent sans bénéficier du niveau de sécurité le plus élémentaire.
Mais dans l’Haïti de l’après-séisme, les femmes et les filles font face à des difficultés supplémentaires : manque d’accès à la planification familiale ainsi qu’aux soins prénatals et obstétricaux, nécessité d’accepter des rapports sexuels comme moyen de survie afin d’acheter de la nourriture pour elles-mêmes et pour leurs enfants et violences sexuelles. La crise se reflète dans les taux de grossesse enregistrés dans les camps de personnes déplacées, trois fois plus élevés qu’en zone urbaine avant le tremblement de terre, et dans les taux de mortalité maternelle, parmi les plus élevés au monde. 
La situation n’est pas totalement nouvelle : même avant le séisme, la mortalité chez les femmes et les filles pendant la grossesse et l’accouchement atteignait, en Haïti, des plafonds alarmants. Les femmes et les filles étaient aussi confrontées à un niveau élevé de violence domestique et sexuelle, à une pauvreté extrême et à de fortes disparités, par rapport aux hommes, dans le domaine de l’accès à l’éducation. Le tremblement de terre est venu exacerber la vulnérabilité de ce groupe déjà très précaire. 
Le présent rapport analyse l’accès des femmes et des filles aux soins reproductifs et maternels dans l’Haïti de l’après séisme, sur la base de recherches effectuées à Port-au-Prince fin 2010 et début 2011 et d’entretiens réalisés avec 128 femmes et filles vivant dans quinze camps de déplacés dans sept des douze communes affectées par le tremblement de terre. Il examine l’impact que l’insécurité alimentaire exerce sur la santé reproductive et maternelle, les rapports sexuels monnayés dont sont devenues dépendantes certaines femmes et filles pour survivre, ainsi que leur vulnérabilité face à la violence basée sur le genre (VBG) et les conséquences de cette violence. Il étudie également les obligations qui incombent au gouvernement d’Haïti en matière de droits humains et le besoin de transparence réciproque entre le gouvernement, les États bailleurs de fonds et les acteurs non-étatiques opérant dans le pays. 
Dix-huit mois après le séisme, le rapport révèle que les femmes touchées par la catastrophe n’ont pas eu voix au chapitre dans le processus de reconstruction, alors qu’elles font partie intégrante de l’économie du pays. Par ailleurs, l’optimisme initial ressenti par les agences humanitaires et les bailleurs de fonds internationaux quant à une amélioration de l’accès à la santé maternelle dans les zones affectées par la catastrophe ne s’est pas traduit dans les faits pour toutes les femmes et les filles. Ceci, en dépit de la vague de soutien international et de nouveaux services gratuits gérés par des organisations non gouvernementales (ONG) internationales, lesquelles avaient promis d’éradiquer les barrières géographiques et économiques qui, au cours de l’histoire, avaient empêché les femmes et les filles d’accéder aux soins de santé. 
Pour les femmes et les filles interrogées par Human Rights Watch dans les camps, la jouissance des droits humains, tels que le droit à la vie et à la santé, reste limitée (en dépit des avantages nés de l’offre de soins gratuits et de la présence d’experts sur le terrain), et la plupart d’entre elles souffrent d’un manque d’informations élémentaires qui leur permettraient d’avoir accès aux services disponibles. En effet, corroborant des faits largement reconnus, Human RightsWatch a trouvé des éléments mettant en avant trois types de retard qui contribuent à la mortalité liée à une grossesse : le temps pris pour décider de demander les soins médicaux appropriés, le temps nécessaire pour arriver à un centre d’obstétrique et le temps qui s’écoule avant de recevoir les soins adéquats lors de l’arrivée dans l’un de ces centres. Selon les femmes et les filles avec lesquelles nous nous sommes entretenues, ces retards sont survenus parce qu’elles n’ont pas senti les premiers signes de l’accouchement ou ne connaissaient pas bien leur nouveau quartier, parce que les centres de soins où elles se rendaient précédemment avaient été détruits lors du tremblement de terre, à cause de la distance, des problèmes de sécurité ou des frais de transport ou en raison des soins insuffisants dispensés aux centres de consultation. 

Tent-City par  Edyta Materka sous une  Creative Commons Attribution License chez Globalvoicesonline

La plupart des femmes et des filles interrogées par Human Rights Watch ignoraient quelles organisations travaillaient à l’intérieur ou autour de leurs camps, quand et où les services étaient disponibles, et vers qui se tourner pour se plaindre en cas de problème. Elles sont également confrontées à de sérieux obstacles, soit pour accéder aux soins prénatals et obstétricaux ainsi qu’à la planification familiale, soit pour avoir des informations à ce sujet, ce qui les empêche d’exercer un contrôle sur le nombre d’enfants qu’elles ont et sur l’espacement entre les naissances et oblige certaines à recourir à des avortements illégaux pratiqués dans des conditions dangereuses qui menacent leur santé et leur sécurité. Les obstacles existant sur le plan de l’accès aux services sont particulièrement inquiétants lorsqu’il s’agit d’adolescentes, lesquelles courent des risques accrus pendant leur grossesse en raison de leur âge. Bien que les soins prénatals soient souvent gratuits, il arrive parfois que les femmes et les filles indigentes ne soient pas en mesure de payer le transport pour se rendre aux consultations et elles risquent de ne plus se faire soigner si elles n’arrivent pas à payer les examens qui leur sont prescrits, par exemple une échographie. Certaines femmes et filles que nous avons interrogées restent chez elles pour accoucher car elles pensent (à tort) qu’elles ne peuvent pas retourner à l’hôpital sans l’échographie. Les femmes et les filles interrogées par Human Rights Watch ont également rencontré des difficultés d’accès aux soins au moment de l’accouchement. Bien que la plupart aient dit qu’elles voulaient accoucher dans un hôpital, plus de la moitié de celles qui ont donné naissance depuis le séisme l’ont fait dans un endroit autre qu’un centre médical et sans accoucheur qualifié : un nombre considérable de femmes et de filles ont accouché sous une tente de camping ou dans la rue pendant leur trajet à l’hôpital. « J’ai accouché à même le sol », a expliqué Mona, qui vit dans un camp à Delmas 33. « Je n’ai pas eu de médicaments antidouleur pendant l’accouchement. » Elle a finalement consulté un médecin trois jours plus tard ; il lui a donné trois comprimés analgésiques. 
L’insécurité alimentaire dans les camps est un autre problème. Certaines femmes et filles enceintes et des mères allaitantes interrogées par Human Rights Watch, ainsi que leurs enfants, ne bénéficient pas d’une alimentation appropriée : une femme, Adeline, a été forcée de nourrir son bébé de trois mois avec de la farine de maïs mélangée à de l’eau car elle n’avait pas suffisamment de lait maternel pour son enfant. D’autres femmes et filles ont confié qu’elles se sentaient faibles en raison d’une sous-alimentation. 
La distribution alimentaire générale a pris fin deux mois après le séisme et le taux de chômage dans les camps est très élevé. L’extrême vulnérabilité et la misère qui y règnent ont conduit certaines femmes et filles interrogées par Human Rights Watch à se mettre en couple avec des hommes par souci de sécurité économique, ou à se livrer à des rapports sexuels monnayés pour assurer leur survie. Selon les femmes et les filles avec lesquelles nous nous sommes entretenues et d’après de récentes études menées par d’autres organisations de défense des droits humains, l’échange de faveurs sexuelles pour de la nourriture est fréquent. « Il faut bien qu’on mange », a simplement déclaré Ghislaine, qui vit dans un camp à Croix-de-Bouquets. Sans un accès approprié à la contraception, les femmes et les filles sont encore plus exposées lorsqu’elles survivent en monnayant des rapports sexuels pour de la nourriture. Par ailleurs, beaucoup se livrent à ces pratiques en secret, ce qui les expose à la violence car elles ne bénéficient pas du peu de protection que pourraient leur offrir des réseaux sociaux ou leur communauté. 


Jeune femme et fillete dans un des campements a Port-au-Prince Credit Ramon Espinosa/Associated Press sur Donations to Haiti one year after quake CBC news Janvier 2011




En Haïti, les femmes et les filles sont également la proie de violences basées sur le genre, un problème qui existait déjà avant le tremblement de terre. Human Rights Watch a constaté que certaines victimes de violence sexuelle vivant dans les camps de personnes déplacées avaient du mal à accéder à des services de prise en charge des victimes de viol, nécessaires pour empêcher une grossesse ou la propagation de maladies sexuellement transmissibles. La stigmatisation sociale et la honte peuvent générer d’autres obstacles qui les empêchent de demander des soins. Six des femmes et filles enceintes qui ont parlé avec Human Rights Watch, dont trois étaient âgées de quatorze ou quinze ans, ont confié que leur grossesse était le résultat d’un viol. Ces chiffres risquent d’être plus élevés que ceux enregistrés ici car nos entretiens portaient sur l’accès aux services de santé, et non sur la violence sexuelle. Les femmes et les filles qui ont dénoncé un viol à Human Rights Watch l’ont fait dans le cadre d’un entretien qui portait sur les soins maternels et reproductifs. Les femmes et les filles enceintes à la suite d’un viol sont confrontées aux mêmes obstacles que les autres sur le plan de l’accès aux soins maternels et reproductifs, mais elles doivent de surcroît subir la stigmatisation et le traumatisme associés au viol. 
Bon nombre d’ONG, de bailleurs de fonds et d’experts en santé maternelle ont cherché à répondre aux besoins des femmes et des filles dans l’Haïti de l’après-séisme. Le projet Soins Obstétricaux Gratuits (SOG), en particulier, lancé en 2008, a continué à opérer après le tremblement de terre pour offrir des soins prénatals gratuits aux femmes et aux filles, et il est parvenu à leur permettre un accès à des soins qui n’étaient pas abordables auparavant. Néanmoins, un nombre considérable de femmes et de filles interrogées par Human Rights Watch n’ont toujours pas accès à des centres de consultation ou à des hôpitaux, accouchent sans assistance dans une tente, à même le sol boueux ou dans les rues et les venelles des camps et, désespérées et affamées, elles se livrent à des rapports sexuels en échange de nourriture pour subsister. Nous avons constaté que la violence sexuelle et l’absence de prise en charge des victimes de viol ont débouché sur des grossesses non désirées chez des femmes et des filles qui n’avaient pas plus de quatorze ans. 
Le gouvernement, qui devrait exercer une surveillance sur les services de soins maternels fournis, ne dispose pas de données actualisées et détaillées sur les soins maternels apportés aux femmes et aux filles qui vivent dans des camps et ne viennent pas se faire soigner dans l’un des établissements gouvernementaux. Il ne dispose pas davantage de données concernant les femmes et les filles qui interrompent les soins. Sans ces informations, il est impossible d’identifier et de mettre en œuvre des mesures visant à développer des mécanismes de recours où les femmes et les filles peuvent porter plainte ou réclamer réparation, de corriger les failles systémiques ou de reproduire les programmes qui se révèlent efficaces. 
Human Rights Watch a constaté que les informations importantes, nécessaires pour que le gouvernement haïtien suive de près les progrès opérés en matière de santé maternelle, ne sont pas enregistrés dans les camps : par exemple, aucun des cinq décès de nourrissons mentionnés par des femmes et des filles interrogées par Human Rights Watch n’ont été rapportés ou enregistrés par une quelconque ONG ou un quelconque organe gouvernemental. Les habitants des camps ont confié à Human Rights Watch que les décès dans les camps, quelle qu’en soit la cause, ne sont généralement pas enregistrés. Dès lors, si des femmes et des filles meurent dans des camps pour des raisons liées à une maternité, leurs décès ne seront pas enregistrés. Ces informations de base sur la mortalité maternelle et infantile sont fondamentales pour déterminer si le gouvernement fait des progrès sur le plan de ses obligations en matière de droit à la santé. 

Le gouvernement haïtien est le principal garant des droits humains en Haïti et reste tenu de respecter, protéger et mettre en œuvre les droits humains des habitants d’Haïti, même après un séisme et même si les mesures qu’il peut prendre sont tributaires des ressources et des capacités limitées dont il dispose. Il a l’obligation d’adopter les mesures nécessaires pour prévenir la violence sexuelle ainsi que la mortalité et la morbidité maternelles, d’aider les femmes et les filles à prévenir une grossesse non désirée et de répondre aux besoins des plus de trois cent mille femmes et filles qui languissent encore dans des camps de déplacés. 
Le gouvernement devrait veiller à ce que les femmes et les filles aient accès à un accompagnement et à des informations concernant leur santé, notamment en matière de planification familiale, à ce qu’elles disposent des moyens de décider du nombre d’enfants qu’elles auront et de l’espacement entre les naissances, et à ce qu’elles se voient prodiguer des soins prénatals, obstétricaux et postnatals. Il doit tout particulièrement faire en sorte que les adolescentes puissent avoir accès aux informations et services adaptés à leurs besoins particuliers et veiller à ce que toutes les femmes et toutes les filles jouissent d’une égalité d’accès à la planification familiale et aux services de soins maternels. Il devra sans doute pour ce faire déployer des efforts supplémentaires pour fournir aux femmes et aux filles déplacées par le séisme des informations relatives à l’accès aux soins disponibles, ainsi que pour concevoir des interventions spécifiques visant à offrir un meilleur accès aux services aux femmes et filles vulnérables qui se livrent de façon informelle à des rapports sexuels monnayés. Comme il l’a fait avec les campagnes d’information et de prévention du choléra, le gouvernement pourrait demander l’aide des ONG et des bailleurs de fonds pour diffuser ces informations. 

En vertu des traités qu’il a signés, le gouvernement haïtien a également l’obligation d’assurer des soins prénatals aux mères. Il devrait veiller à ce que les femmes et les filles aient accès à des accoucheurs qualifiés et, s’il y a lieu, à des soins obstétricaux d’urgence. Les centres médicaux et les produits et services liés à la santé devraient être de bonne qualité, facilement accessibles et abordables, sans discrimination aucune. Même lorsque les soins sont gratuits, il se peut que le gouvernement doive prendre des mesures visant à garantir qu’il est financièrement possible pour les femmes et les filles les plus vulnérables de se rendre jusqu’aux centres de soins gratuits.
Par ailleurs, au regard du droit international, il incombe au gouvernement haïtien d’empêcher des tiers de mettre en danger la santé sexuelle et reproductive d’autrui par des actes de violence sexuelle. Si de tels actes sont commis, il est tenu d’ouvrir une enquête et d’en punir les auteurs, et il devrait faire en sorte que les victimes de viol aient accès à une prise en charge médicale.
Certes, les éléments recueillis par Human Rights Watch en vue du présent rapport semblent indiquer que le gouvernement n’honore pas ses obligations, mais les réalités politiques et économiques que vit le pays sont telles qu’il serait irréaliste d’exiger qu’à lui seul, il surmonte les obstacles qui entravent la réalisation de ces droits. 
Malgré la destruction à grande échelle des infrastructures gouvernementales et la désorganisation des services de protection civile, moins de deux mois après le séisme, Haïti a publié une évaluation des besoins après la catastrophe ainsi qu’un plan de relèvement. Dans ce plan figuraient notamment des efforts en matière de soins maternels et reproductifs et en matière de prévention de la violence basée sur le genre. Cependant, ne disposant pas de suffisamment de fonds propres, le gouvernement est tributaire des bailleurs de fonds, des organisations internationales et de plusieurs milliers d’ONG pour financer et mettre en œuvre son plan et pour fournir toute une série de services sociaux. 
Peu après le tremblement de terre, le Ministère de la Santé a établi son propre registre d’ONG avec des critères de soumission de données destinés aux ONG médicales travaillant en Haïti. Le gouvernement haïtien n’a pas la capacité de se rendre systématiquement sur le terrain pour vérifier si les ONG fournissent les services qu’elles affirment fournir, pour voir si les services présentent des lacunes ou pour évaluer si certaines ONG font double emploi. Il ignore également si toute l’assistance apportée a un impact sur la réalisation des droits de la population. Par voie de conséquence, il doit se fier aux informations que lui fournissent les ONG pour évaluer les progrès qui ont été opérés par rapport à son plan de relèvement ou à la réalisation des droits. En l’absence de flux d’informations constants et de données complètes, il est difficile pour les observateurs des droits humains et pour les autorités de contrôler la mise en œuvre du programme de santé et son impact sur la réalisation des droits. 
Dans la Déclaration de Paris de 2005 sur l’efficacité de l’aide au développement, complétée par le Programme d’action d’Accra, les pays bailleurs de fonds et les pays bénéficiaires ont reconnu que l’obligation réciproque de rendre des comptes à propos de l’efficacité et de l’utilisation de l’aide, ainsi que la capacité d’évaluer les progrès opérés étaient dans l’intérêt de tous. À cette fin, les pays bénéficiaires et les bailleurs de fonds devraient « établir des cadres convenus d’un commun accord, qui fournissent des évaluations fiables des résultats, de la transparence et de l’obligation de rendre des comptes des systèmes mis en place dans les pays ». 
Le gouvernement haïtien et les bailleurs de fonds (ainsi que les ONG financées par les bailleurs de fonds) devraient appuyer et renforcer l’obligation réciproque de rendre des comptes à propos de l’aide à la reconstruction et à la relance, principe nécessaire pour que les détenteurs de droits puissent réclamer des comptes au gouvernement à propos de ses obligations en matière de droits humains. Le Bureau de l’envoyé spécial des Nations Unies contrôle le versement, par les bailleurs de fonds, des sommes promises en Haïti. Outre des informations concernant le moment où l’argent est versé, les bailleurs de fonds devraient toutefois fournir des renseignements suffisants à propos des projets et des organisations qui reçoivent les versements et ils devraient collaborer avec le gouvernement et les agences chargées de la mise en œuvre pour fixer des critères relatifs aux progrès opérés par les projets financés.   Les bailleurs de fonds devraient par ailleurs fournir des données qui permettent au gouvernement et à la société civile de mieux contrôler l’impact de leur aide. Le gouvernement et les bailleurs de fonds devraient améliorer leur coordination et le partage des informations relatives à la supervision interne ou indépendante, au suivi et à l’impact des projets. L’ensemble de ces mesures devrait d’une part fournir au gouvernement les outils nécessaires pour œuvrer en faveur de la réalisation des droits de ses citoyens et pour leur rendre compte de son action, et d’autre part contribuer à garantir que les personnes disposeront d’informations actualisées et fiables à propos de leurs droits.   
La santé reproductive et maternelle n’est pas un aspect secondaire du processus de reconstruction. Au contraire, pour les femmes et les filles, la réalisation de leurs droits, notamment du droit à exercer un contrôle sur le nombre d’enfants qu’elles auront et à espacer les naissances comme elles le souhaitent, est essentiel à tout effort déployé pour reconstruire leur vie après la dévastation et le désordre causés par le séisme. Cela s’applique à toutes les femmes et toutes les filles d’Haïti, pas uniquement à celles qui vivent dans les camps et font l’objet du présent rapport. Alors qu’Haïti s’efforce d’avancer sur la voie de la reconstruction et de reloger dans des habitations sûres les personnes déplacées par le tremblement de terre, il est important que l’absence d’accès aux soins reproductifs et maternels et la violence basée sur le genre n’aggravent pas la vulnérabilité des femmes et des filles sur le plan économique et de la santé. 

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